We Are Nature par Rikoo Lah, photographe

A travers cet article, Eric nous plonge dans son amour pour Mère Nature. Personne engagée pour la planète et notamment pour la cause animale, il nous livre ici de précieuses et profondes réflexions sur ce qui l’anime au quotidien.

Bonne lecture 🥰

(L’article est plus agréable à lire sur ordinateur, notamment pour bien profiter des photos d’Eric présentes ici). Les photos sont donc protégées par son droit d’auteur.

QUI EST RIKOO LAH ?

Bonjour, je m’appelle Éric Remphan, Rikoo Lah étant mon nom de photographe. J’ai 33 ans et je vis actuellement en Corrèze, mon département natal.

Passionné de Nature depuis ma tendre enfance, ami des Animaux depuis toujours et sensible au Respect et Bien-Être de chaque créature merveilleuse créée par Mère Nature.

Conscient de la nécessité de préserver cette belle et unique planète sur laquelle nous vivons, j’essaie par mes photos et mes vidéos, de partager ma Passion et mon Amour envers tous ses habitants, afin d’éduquer et de sensibiliser notre espèce, en gardant toujours à l’esprit que “ We Are Nature “.

Quel est ton parcours et ton engagement pour la cause animale ?

Mon parcours est assez particulier, il m’aura fallu du temps pour découvrir comment faire coexister mes rêves et mes valeurs avec cette nécessité pour moi, de me sentir utile et engagé, même dans mon travail.

J’ai tout d’abord étudié la biologie animale à l’université, pour devenir herpétologue, mais je quitte l’université pendant la troisième année de licence car je ne me retrouve pas dans ce schéma universitaire.

Par la suite, ne croyant pas pouvoir faire coïncider cette Passion envers Mère Nature avec travail, je deviens technicien son pendant 6 ans. Mais le manque d’espaces naturels se fait vite ressentir et je me sens comme inutile.

 A 31 ans, je pars pour trois mois au Costa Rica pour être bénévole dans un centre de réhabilitation pour Animaux sauvages.

Ce fut une expérience tellement unique que je repars y vivre pendant un an, pour aider, toujours de manière bénévole, trois organisations de conservation animale différentes.

J’ai la chance de participer aux soins et remise en liberté d’animaux sauvages, de patrouiller sur la plage pour lutter contre le braconnage de plusieurs espèces de tortues marines, d’être guide naturaliste et bien sûr d’être témoin de la bienveillance de toutes ces femmes et hommes œuvrant pour la préservation de la Vie Sauvage.

Pourquoi la photo animalière, depuis quand ? Quels sont tes objectifs, le message que tu souhaites faire passer ?

Ma Passion et mon Amour pour la Nature ont été nourris par les articles et photos de magazines, par mes sorties en pleine nature, par les reportages animaliers…

Au fond de moi, j’ai toujours rêvé d’être photographe et vidéaste animalier, c’est le plus beau métier du monde. 

Mon premier reflex trouve sa place dans ma valise avant mon premier séjour au Costa Rica. Il m’était impossible de me rendre dans ce paradis naturel sans un véritable appareil photo. Depuis il est toujours dans mon sac.

La pratique de la photographie animalière m’a aidé à réaliser qu’il s’agit avant tout d’un art, d’une passion,  permettant à mes idées, mes valeurs individuelles de s’exprimer de manière unique tout en servant une cause commune : apprendre à toujours mieux cohabiter avec nos voisins sauvages et traiter cette planète avec Amour.

Que t’apporte cette merveilleuse passion ?

Ce serait sûrement plus rapide de dire ce qu’elle ne m’apporte pas 🙂

Tout le temps passé dans la Nature me permet de mieux connaître nos amis sauvages, leurs comportements, leurs habitudes, leurs besoins, mais aussi les défis auxquels ils font face. Ce dernier point fait écho, par exemple, au début de vie incroyable des bébés tortues marines qui, après leur ascension dans le sable, doivent affronter des vagues de plusieurs dizaines de fois leur taille, pour pouvoir, enfin, rejoindre leur environnement naturel.

Ce que j’aime par-dessus tout, c’est être témoin de tous ces moments uniques qui me font me sentir connecté à mon instinct sauvage. Nous, humains, sommes perçus comme des prédateurs, des menaces, par la plupart des autres espèces mais il suffit de vouloir faire partie de notre environnement, de se faire oublier un instant, pour pouvoir admirer la magie de ce monde. Cette nécessité de devoir se cacher me laisse toujours un goût amer dans la bouche.

Tout le temps passé dans la Nature me permet de mieux connaître nos amis sauvages, leurs comportements, leurs habitudes, leurs besoins, mais aussi les défis auxquels ils font face. Ce dernier point fait écho, par exemple, au début de vie incroyable des bébés tortues marines qui, après leur ascension dans le sable, doivent affronter des vagues de plusieurs dizaines de fois leur taille, pour pouvoir, enfin, rejoindre leur environnement naturel.

As-tu une idée du temps passé sur le terrain ou en affût ?

Des centaines d’heures passées immobiles, à jouer à cache-à-cache ou à 1,2,3 Soleil, à se mettre contre le vent, à s’insérer tant bien que mal dans un buisson, à plonger la tête dans les hautes herbes, à se rouler par terre, à ramper cm par cm pour une approche furtive, à installer des pièges photographiques, à s’immiscer dans un monde inconnu à la seule lueur d’une lampe frontale…

Plus je passe du temps sur le terrain, plus mon désir d’y revenir grandit. C’est ce qui me plaît le plus et ce qui me permet de toujours revenir avec de nouvelles connaissances, de nouveaux défis, de nouveaux mystères.

Quelles sont les difficultés que l’on peut rencontrer ?

La difficulté numéro un pour moi, est de connaître son terrain de jeu ainsi que l’espèce en question. C’est primordial pour avoir des clichés uniques et originaux tout en respectant l’individu que l’on photographie. Le temps nécessaire à cela se chiffre en mois, années passées sur le terrain, mais aussi à lire de nombreux ouvrages et articles sur le monde animal.

Au début il est également difficile de savoir quand prendre une photo ou non. Je me rappelle ma première rencontre avec un couple de Cincle Plongeur qui, mon disque dur peut en être témoin, a été marquée par un nombre incalculable de photos prises sous l’effet de l’excitation. Et la plupart sont vraiment pas top !

Quelle est ton approche lors d’une sortie photo ?

Comme je disais avant, une des principales difficultés, c’est de bien connaître l’Animal, son mode de vie, ses habitudes et donc les endroits où l’admirer.

Petit à petit je m’améliore mais je dois encore beaucoup enquêter et étudier pour bien connaître mon secteur géographique donc je recherche principalement des lieux assez isolés, où d’après la carte, la Nature semble avoir été plus ou moins préservée.

Ou sinon au feeling, car parfois notre instinct nous parle, il suffit juste de l’écouter. Par exemple, une série de photos de Renard Roux que j’ai eu la chance de prendre, sont le fruit du hasard, de patience mais aussi d’instinct car mon esprit voulait s’en aller de l’endroit où j’avais décidé de faire mon affût, mais mon corps me disait le contraire ( ou l’inverse je ne sais plus ). Durant ce lapse de temps d’indécision, ce merveilleux Renard vint, dans l’obscurité d’un sous-bois, se poser sur cet arbre mort, où seulement quelques rayons de soleil venaient en éclairer un partie.

Peux-tu nous raconter ta plus belle rencontre animalière ?

C’est difficile de choisir une rencontre en particulier, je vais donc en choisir une pour le Costa Rica et une pour la France 😉 

Au Costa Rica, il y a beaucoup d’espèces de Grenouilles et il y en avait une qui en particulier, attirait mes convoitises, la splendide “ Cruziohyla sylviae “. Cette Grenouille arboricole est rare et difficile à trouver car elle descend de la cime des arbres seulement pour se reproduire. Elle arbore des couleurs et des motifs splendides et ce qui la rend unique, ce sont ses yeux jaune et violet qui lorsque je les vis pour la première fois me firent prendre conscience de la complexité et de la beauté des yeux des Amphibiens. Je venais à peine de recevoir mon nouvel objectif macro et j’étais très content de pouvoir le tester lors de cette rencontre unique, littéralement.

En France, si je dois choisir un moment, ce serait la découverte, il y a quelques semaines de cela, d’un nid de Huppe Fasciée. Mon rêve de photographier cet oiseau si élégant et majestueux a été subjugué par cette trouvaille unique en son genre. J’ai pu admirer les parents venir nourrir leur progéniture. Un moment que je n’oublierai jamais.

Quelles sont les espèces que tu rêverais de photographier et pourquoi ? / Quel est ton plus grand rêve en tant que photographe ?

Toutes les espèces méritent d’être mises en avant. C’est d’ailleurs pour cela que je ne rentre jamais bredouille d’une séance photo car même si je ne rencontre pas l’animal souhaité, il y a toujours une créature à découvrir. Je n’ai vraiment pas de préférence en terme d’espèce, je me contente de ce que Mère Nature veut partager avec moi et j’essaie de faire de mon mieux pour retranscrire mes émotions ressenties sur le moment avec mes photos et/ou vidéo. 

Ceux qui me connaissent savent que j’aime beaucoup les Insectes et les Reptiles, et suis très sensible à leur cause. Je souhaite donc sensibiliser les gens à ces “mal-aimés” car si on sait les observer, ce sont des Animaux merveilleux.

Tout de même, quelques espèces nourrissent un désir un poil plus fort : le Martin-Pêcheur car je n’ai toujours pas de belles photos, le Tigre car cet Animal me fait rêver depuis tout petit, la Panthère des Neiges car rien que de trouver un spot pour les admirer est une véritable prouesse, “Trimeresurus insularis “ car cette Vipère bleue est tout simplement magnifique, la Harpie Féroce, majestueuse et rare, véritable symbole de la nécessité de préserver notre planète, et bien entendu le Dahut car aucune photo n’est encore connue à ce jour. Je serai donc le premier 😉

Quels sont les photographes qui t’inspirent et pourquoi ?

J’apprécie tout particulièrement le travail de photographes engagés comme Adrien Favre, Filipe Deandrade, Paul Nicklen ( il y en a des centaines d’autres ) qui, par leur travail, élèvent les consciences afin de créer un futur meilleur pour la faune sauvage.

D’un autre côté, depuis mon retour en France, je m’intéresse beaucoup aux photographes animaliers français et je dois avouer que je prends des claques, super agréables, en admirant le travail de photographes tels que Bastien Campistron, Ananda Joinet, Teddy Bracard, Bastien Riu, Nicolas Petit, Marc Jardot, Camille et Bastien (Anotreimage), pour n’en citer que quelques uns. Leurs galeries sont de véritables mines d’or. 

Beaucoup d’autres photographes sont aussi talentueux et inspirants que ceux cités ci-dessus et comme il est toujours difficile de n’en choisir qu’une poignée, je tiens à dire, du fond du coeur, un énorme merci à tous les passionnés de Nature qui, en partageant leur Amour pour la Vie Sauvage, aide à préserver et protéger cette si belle planète et tous ses habitants.

Que penses-tu des retouches en photo ?

Au début je n’étais pas fan du tout, je dois l’avouer. Ne connaissant absolument rien en photo, je pensais que c’était comme “ trafiquer “ une photo.

Mais après y avoir passé des heures, je me suis rendu compte que cela fait aussi partie du travail de photographe car on peut arriver à créer des atmosphères ou des ambiances qui coïncident avec l’émotion que nous souhaitons partager.

Je pense cependant, que la partie la plus importante est la prise de vue, avoir en tête la photo qu’on veut, puis la peaufiner sur le logiciel.

Quelle est la photo dont tu es le plus fier ? 

Il y a quelques semaines de cela, je me suis lancé le défi de photographier des Hirondelles en vol. J’ai tenté de suivre ces pilotes de chasse, en synchronisant mes mouvements avec la mise au point manuelle. Pas facile !

Ce fût un véritable moment de plaisir, j’étais au milieu de ce groupe qui volait tout autour de moi, c’était beau.

3h et presque 1000 photos plus tard, j’ai réussi à obtenir ce cliché d’une Hirondelle avec les ailes et la queue grande ouverte. Les deux rémiges extérieures formant ce qu’on appelle le “filet”, lui donne une silhouette vraiment élégante. La photo est loin d’être artistique, bien entendu, mais je suis tout de même fier d’avoir pu, lors de cette première session d’Hirondelles en plein vol, obtenir un tel cliché.

As-tu d’autres domaines qui t’intéressent en photos et/ou d’autres passions ?

Alors oui et c’est complémentaire à la photographie car je fais aussi de la vidéo.

La vidéo est un outil puissant pour la conservation et la préservation de notre environnement et je souhaite, petit à petit, réaliser divers films mettant en avant la beauté de la Nature afin d’inciter toujours plus de personnes à la traiter d’une manière plus empathique et plus respectueuse.

J’ai donc réalisé, il y a quelques semaines, la bande-annonce d’un projet qui me tient à coeur, la réalisation d’un docu-film sur la Nature du Limousin.

Je commence à m’intéresser à la photo de paysage également mais avec une approche personnelle pour pouvoir avoir de belles images de mes voyages.

Quels conseils donnerais-tu aux photographes animaliers ?

Il faut selon moi, être passionné. Ne pas chercher à faire de la photo pour faire de la photo sinon les sujets risquent de n’être traités que comme des outils pour arriver à ses fins.

Il est, bien entendu, important de passer beaucoup de temps dehors, à regarder, écouter, sentir, analyser les indices.

Il faut surtout se faire plaisir, ne jamais oublier qu’il s’agit avant tout d’une passion.

Ne jamais sous-estimé les Animaux car leur instinct ainsi que leurs sens sont bien plus fins qu’on ne le croit.

Niveau matos, tout dépend de ce que l’on veut photographier. Pour ma part, j’utilise que du matos Pentax. Comme boîtier j’ai le K3 MarkII, et niveau objectif j’ai le 16-50mm f2.8, le 100mm f2.8 macro, le 300mm f4 ainsi que le convertisseur x1.4. J’avais auparavant le 55-300mm f5.6/6.3, certes bon et pratique pour le voyage mais je ne regrette vraiment pas d’avoir investi dans ce 300mm f4 car la qualité est vraiment supérieure, je l’adore .

Il n’y a pas de kit idéal pour moi car tout dépend de ce que l’on veut faire et où.

Quels sont tes projets, ton actualité, tes prochains challenges photo ?

Je viens tout juste de créer mon entreprise de photo et vidéo Rikoo Lah Images. Grâce à elle, j’espère pouvoir exprimer ma Passion pour la Nature, mon engagement pour l’environnement et la cause animale, en travaillant sur des projets personnels mais aussi collectifs avec d’autres passionnés, des associations, des collectivités…

Je propose également mes services aux artisans et entreprises afin de mettre en avant leurs savoir-faire uniques ou leur engagement pour l’environnement. Je découvre donc la photo de produit et j’adore. Je travaille actuellement pour une souffleuse de verre, un brasseur et un loueur de vélos électriques, tous installés autour de chez moi, car prendre soin de la planète passe aussi par notre consommation.

Et je propose aussi des shootings photos pour vous et/ou vos Animaux de compagnie.

Niveau vidéo, j’ai envie de créer une série de mini-vidéos sur les Insectes et autres mal-aimés pour éduquer les nouvelles générations à la beauté de la Nature. Les enfants possèdent toujours cette innocence, ouverture d’esprit et empathie que la plupart des adultes ont perdus depuis trop longtemps.

Un petit mot pour la fin de l’interview ?

Merci beaucoup Léa, premièrement pour ton engagement envers notre si belle faune sauvage, deuxièmement, pour l’intérêt que tu portes à mon travail et pour cette merveilleuse invitation d’interview. Je tiens également à remercier encore une fois, toutes ces personnes incroyables qui m’ont permis de réaliser ce rêve d’enfant : partir au Costa Rica. 

Juste 3 mots avant de vous quitter “ We Are Nature “

Merci

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(4 commentaires)

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