Emerveillement à travers la photo animalière avec Auriane !

A travers ces lignes, Auriane nous transmet sa passion pour le sauvage, la photo animalière et de paysages. Ses rêves, sa passion, ses émotions sont retranscrits à merveille. Nous ressentons son amour pour la vraie nature à travers une très belle éthique.

Bonne lecture 🥰

(L’article est plus agréable à lire sur ordinateur, notamment pour bien profiter des photos d’Auriane présentes ici). Les photos sont donc protégées par son droit d’auteur.

QUI EST AURIANE ?

Bonjour, moi c’est Auriane, j’ai 28 ans, et je suis passionnée de nature depuis toute petite. J’ai été initiée enfant par mon grand père à reconnaître les animaux de la forêt et à s’émerveiller de cet univers plein de vie. Je vis en région parisienne mais je pars régulièrement explorer des régions plus sauvages de France et d’Europe.

 Pourquoi la photo animalière, depuis quand ?

Je fais du pistage et de l’observation animalière depuis l’enfance, mais sans faire de photo à l’origine. C’est au retour d’une expédition hivernale en Pologne sur les traces des derniers bisons d’Europe, que je suis revenue frustrée de ne pas avoir immortalisé ces rencontres incroyables. Je me suis donc lancée dans la photo en 2019.

Pour moi la photographie animalière c’est avant tout la prolongation de l’observation, figer un instant incroyable, une rencontre avec le sauvage, ces moments hors de soi où on est complètement happé par notre environnement et la rencontre intense avec le vivant.

Quels sont tes objectifs, le message que tu souhaites faire passer ?

J’essaie de transmettre mon émerveillement pour la nature, et montrer l’extraordinaire biodiversité qu’on a la chance d’avoir en France et en Europe mais qu’on oublie trop souvent.

J’aimerais transmettre cet amour de la nature pour encourager les actions de conservation. 

Que t’apporte cette merveilleuse passion ?

Des souvenirs incroyables, des expéditions dans des endroits improbables, la découverte de paradis perdus et sauvages et pourtant pas si loin, et surtout beaucoup d’émerveillement. Autant d’occasions de se sentir hors du temps et de retrouver du calme et de la nature.

Quelles sont les difficultés que l’on peut rencontrer ?

Outre les conditions météos qui peuvent parfois compliquer les sorties (mais ça fait souvent de belles anecdotes), la photographie animalière est très exigeante car il faut :

  • D’abord connaître l’animal que l’on souhaite rencontrer : ses habitudes, les environnements qu’il privilégie, les horaires d’activité…
  • Le rencontrer et ça rien n’est moins sûr. La patience est souvent mise à l’épreuve mais cela rend les rencontres extrêmement intenses.
  • Et une fois face à lui, ne pas oublier que c’est la rencontre qui compte et ne pas gâcher le moment en ne pensant qu’à ses réglages et la photo qu’on souhaite prendre. 

Pour illustrer la mise à l’épreuve de la photographie animalière, je peux vous raconter ce qui m’est arrivé dans les Alpes au début du mois. J’avais repéré un site de hibou grand duc, j’avais fait plusieurs affûts devant la paroi ou j’avais repéré un petit. Jamais les adultes ne se sont montrés ou jamais je n’ai réussi à les voir. Mais à la fin de mon séjour, en pleine journée, en randonnant non loin, alors que je n’avais pas mon appareil de prêt, un adulte est passé en vol dans une gorge en contrebas de moi, puis l’autre quelques minutes après. C’était superbe, j’étais tellement impressionnée de voir ces géants silencieux. Il faut beaucoup de patience, accepter de ne pas souvent trouver ce que l’on cherche mais souvent être prêt pour de belles rencontres imprévues.

Que penses-tu de l’éthique en photographie animalière et quelle est ton éthique, ton exigence lors de tes sorties photos ?

L’éthique est indispensable. En faisant de la photographie animalière, on dérange forcément. Donc il faut essayer de le faire le moins possible. Être discret, ne rien laisser derrière soi, respecter des distances raisonnables en particulier vis à vis de nid / de juvéniles / d’espèces menacées ou fragiles.

Les rencontres sont infiniment plus belles et longues si on laisse l’animal régler la distance d’approche et qu’on les stresse le moins possible. Évidemment ne jamais rechercher le contact direct avec les animaux (nourrissage, toucher, imitation d’animaux pour susciter des réactions). Et plus on s’invite dans des endroits sauvages et sublimes, plus on se doit de passer inaperçu.

Quelles sont les espèces que tu rêverais de photographier et pourquoi ? / Quel est ton plus grand rêve en tant que photographe ?

Il y en a énormément, je ne me lasse pas de la beauté de certaines espèces que l’on pourrait qualifier de « communes » : pics, rapaces, chouettes, cervidés, renards, bouquetins, chamois …

J’ai souvent en tête de nouvelles « photos de rêve » sur ces espèces : dans la neige, en contrejour,  dans un certain comportement …

Sinon, dans les espèces mythiques, j’adorerai photographier le loup. J’ai déjà eu la chance de l’entendre plusieurs fois et de le voir fugacement une fois, mais je n’ai pas pu immortaliser ce moment. Pour moi, aucun animal n’incarne autant le sauvage et la liberté. J’admire également énormément son esprit dévoué de meute et ses capacités d’adaptation et de survie.

Quels sont les photographes qui t’inspirent et pourquoi ?

Je suis évidemment inspirée par Vincent Munier pour son éthique et son talent à magnifier l’animal dans son environnement.

J’adore Antonin Charbouillot, avec qui j’ai eu l’immense chance de faire un stage photo dans le Vercors. Il réalise des séries captivantes, avec toujours un soin particulier aux lumières qui rendent ses photos sublimes. Ses photos transmettent systématiquement une atmosphère magique, beaucoup sont autour du thème de l’expédition dans le sauvage donc j’y accroche particulièrement.

J’admire aussi beaucoup Jeremie Villet car il a un style bien à lui, révélant magnifiquement l’animal. Son univers (le grand nord) m’attire également beaucoup. 

Teddy Bracard m’inspire également pour ses photos aux couleurs chaudes des habitants de la forêt, son amour de la forêt se ressent dans ses photos.

Que penses-tu des retouches en photo ?

Pour moi, elles me permettent juste de faire de légères corrections pour retranscrire la scène, l’atmosphère. Je les utilise très raisonnablement, j’analyse aussi ce qui n’a pas marché sur les réglages pour mieux faire une prochaine fois. Et aussi je dois avouer que ce n’est pas la partie qui m’intéresse le plus en photo, je préfère largement les sorties !

Quelle est la photo dont tu es la plus fière ? 

Je n’ai pas spécialement de photo favorite car j’en aime certaines pour les ambiances qu’elles me rappellent, d’autres pour des rencontres animales captivantes.

Mais celle dont j’ai peut être été la plus fière est cette photo de cigogne.

Je venais de débuter la photographie animalière depuis quelques mois et je sortais de mon stage avec Antonin Charbouillot, j’ai donc été très contente de la gestion de la lumière sur cette photo qui pour moi met en valeur la cigogne.

As-tu d’autres domaines qui t’intéressent en photos et/ou d’autres passions ?

En photo, j’aime beaucoup faire de la photographie de paysages en jouant sur la lumière et les silhouettes. Je m’intéresse également beaucoup à la cinematic photography où retranscrire une atmosphère est clé. Mais je ne me suis encore jamais lancée.

Sinon j’adore la biologie et l’ornithologie donc je lis beaucoup sur les espèces qui m’intéressent. Et je fais pas mal de sport dont le vélo et je suis cavalière depuis des années, j’ai même fait des approches d’animaux sauvages à cheval, un magnifique combo.

 Quels conseils donnerais-tu aux photographes animaliers qui débutent ? 

Sortir, sortir, sortir mais bien préparer ces sorties : quel animal vous intéresse ? quelles sont ses habitudes ? dans quel milieu je risque de le croiser ? à quelle heure ? comment ne pas le déranger ?

Cherchez un animal en particulier, mais soyez prêts à en rencontrer d’autres lors de vos approches et affûts. Et puis sentir ce qui vous parle dans une photo, pour développer votre style.

Quels sont tes projets, ton actualité, tes prochains challenges photo ?

Continuer de progresser en photographie animalière, et forcément avec le brame à venir un week-end en forêt va s’imposer.

Je voudrais aussi assister à un hivernage pour immortaliser les plongeons et les grues cendrés qui sont des oiseaux qui m’intéressent beaucoup. Pour l’instant avec le covid, les projets de voyage sur les traces du loup en Italie et sur les traces de l’ours en Slovénie sont un peu sur pause, mais j’ai bon espoir de faire l’un des deux en 2022 !

Un petit mot pour la fin de l’interview ?

Merci beaucoup pour ces interviews, c’est super intéressant de voir les différentes approches et sensibilités dans la photographie animalière !

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(1 commentaire)

  1. Une belle découverte et une belle interview. C’est avec grand plaisir que je lis toutes ces interviews et je suis vraiment ravie de voir que nous sommes nombreux à vouloir respecter cette magnifique Nature. Je file voir sur Insta vos photos. Merci Auriane pour vos mots et merci Léa pour toutes ces belles rencontres sur ton site

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