Stay Nature, par Marc Jardot, photographe animalier

A travers ses mots, je vois en Marc une personne humble, amoureuse, soucieuse & respectueuse de ce que la Terre a à nous offrir. Je ressens un retour aux sources, aux choses simples de la vie qui nous font vivre des émotions incroyables.

Entouré de ce monde sauvage, il trouve son équilibre, apprend tous les jours de ce qu’il observe, recherche et de ce que la nature & la photo lui apportent. Il souhaite montrer les trésors invisibles qu’il arrive à rendre visibles grâce à son investissement et son excellent travail de terrain de tous les jours.

Je vous souhaite une très belle lecture et n’hésitez pas à lui laisser un petit commentaire sous l’article !

(L’article est plus agréable à lire sur ordinateur, notamment pour bien profiter des photos de Marc présentes ici). Les photos sont protégées par son droit d’auteur.

Marc Jardot, 35 ans, photographe animalier



Autodidacte, désireux de changer de vie, je me passionne pour la photographie en 2005 et me lance un véritable défi en 2015 : allier travail et plaisir en devenant photographe professionnel. (Mariage, Life Style Famille, Photo Publicitaire …) 
Convaincu qu’à force de travail, mon rêve deviendra réalité, c’est dans la nature que je fais mes armes au contact de la faune de ma région, la Franche-Comté.


J’apprends la patience, l’observation, l’humilité et la persévérance. Spectateur avant d’être acteur, je parcours des kilomètres à pied, apprends à relever des traces et à analyser les comportements de tous ces animaux.
 Je découvre leur beauté et leur noblesse. Parfois mal aimés, en me plongeant dans leur regard, j’y ai vu plus d’humanité qu’on ne peut le penser… 


Ils font partie de ma vie, m’apportent un équilibre et donnent un vrai sens à mon métier.

Quel est ton parcours ? / Ton travail 

A la base, je suis électricien, puis changement de parcours vers des études d’informatique, à l’époque j’aurais vraiment souhaité être graphiste, mais la vie en a décidé autrement. J’ai toujours aimé les retouches photos, traiter des images. J’avais mis cette idée de métier de côté un bon moment, et un jour, c’était le moment. Les photos Nature sont arrivées en même temps.   

 Pourquoi la photo animalière, depuis quand ? Quels sont tes objectifs, le message que tu souhaites faire passer ?

La photo animalière est venue en même temps que l’ouverture de mon entreprise photo. Au début quand j’ai commencé, il y avait peu de contrats, et j’avais vraiment envie de produire des images à partager. Il y a 6 ans que j’ai vraiment sauté le pas dans la photo animalière car j’avais un peu de temps près de la maison pour les observer. J’ai fait durant mes 2 premières années, 90 % de mes images à moins d’1 km de la maison, en me déplaçant à pied ou à vélo. Mon objectif, au départ, était de pouvoir observer ce monde que l’on ne voit jamais, et avec le temps cela a changer un peu, pouvoir faire prendre conscience par les images que le monde caché de la forêt et bien présent, et très important pour notre équilibre …  

Que t’apporte cette merveilleuse passion ?

C’est mon petit bol d’air de mise en pause pour ma tête dans un premier temps, entre la joie et le mystère. C’est fabuleux d’être présent lorsque la nature bouge et ne nous voit pas. Le temps s’arrête, parfois les affûts sont durs, longs et sans image, mais il y a toujours des choses à apprendre durant ces moments-là : leurs habitudes en fonction de la météo, et comme presque toutes les sorties, il y a toujours des surprises pas très loin. A un certain moment, quand j’ai décidé d’enfin les montrer sur Internet, j’ai vu beaucoup de gens qui adorait ce type d’image, sans trop savoir pourquoi, j’ai continué car l’exploration est sans fin … 

As-tu une idée du temps passé sur le terrain ou en affût ?

Oulaaaaaa – Par semaine en moyenne toute l’année, je dirais au moins 12 h par semaine (affût et sortie) après cela varie avec les saisons, les jours plus ou moins longs …. au minimum 4 sorties par semaine je pense, même sans appareil pour l’observation ou le relevé de piège photo. 

 Tu portes une attention particulière aux renards, peux-tu stp nous en dire plus ?

Oui depuis de nombreuses années, j’ai toujours vécu avec leurs présences depuis enfant, et en grandissant, j’ai compris qu’il était encore le mal aimé de nos campagnes sans trop s’avoir pourquoi. C’est vraiment à ce moment-là que j’ai commencé à m’interroger sur ses mœurs, son histoire, et surtout en apprendre le plus possible sur sa vie. Nous avons ici la chance d’avoir plusieurs communes où, il est sorti de la liste des nuisibles. Je fais énormément de relevés concernant cette évolution. Et pour conclure ce point, il est à mes yeux un animal fabuleux en tout point. 

Que souhaites-tu transmettre à travers la très jolie et originale ambiance donnée à tes photos ?

Pour ne pas te mentir, au début que j’ai commencé la photographie nature, je ne me suis pas vraiment posé la question. Je traitais mes photos animalières comme si je traitais une photo de portrait créatif, et c’est seulement à force d’observer d’autres photos, d’autres photographe que je me suis rendue compte que parfois mes images sortaient tout droit vraiment de leur contexte. Maintenant ce que j’aime transmettre, c’est des sourires, la beauté du dehors, et réussir à retranscrire un peu ce que j’ai ressenti au moment ou j’ai appuyé sur le déclencheur.  

Quelles sont les difficultés que l’on peut rencontrer ?

Houlà, beaucoup trop mais sinon cela ne serait pas magique je pense. A l’heure actuelle ma plus grande difficulté, est d’arriver à connaître le terrain par cœur, en fonction des saisons, de la météo, des changements du sauvage liés à l’homme, pour arriver au résultat d’être un fantôme dans la nature, faire de mon maximum pour le dérangement de la nature, je pense que nous apprenons cela, tout au long de notre vie et de nos sorties. Le matériel évolue beaucoup dans ce sens, c’est une très bonne chose je trouve. 

Que penses-tu de l’éthique en photographie animalière et quelle est ton éthique, ton exigence lors de tes sorties photos ?

A mon sens nous avons tous la nôtre (d’éthique), c’est un terme tellement large, et tellement mal employé parfois. J’aime plutôt parler de conscience/respect du dehors. J’ai beaucoup évolué (je pense depuis plusieurs années, quand on commence, et encore maintenant, il nous est arrivé de faire des bêtises, il faut en tirer les bonnes leçons. Ma manière de penser concernant cela c’est : Ce n’est que des images … Cela remet, je trouve, bien les chose dans de bonnes perspectives, si je ne sens pas une approche, ou un affût et bien c’est assez simple, je ne le fais pas.  A l’heure actuelle, la photo reste le Bonus du Bonus, d’un bon travail sur le terrain et de la chance parfois. C’est souvent le cas, je trouve qu’il suffit d’attendre patiemment et comme par magie, parfois les images arrivent car toutes les conditions sont rassemblées pour faire des images. Les animaux sont assez dérangés de manière général, à nous de savoir les laisser tranquille quand il se doit… Et surtout pour une IMAGE.  

Quelle est ton approche lors d’une sortie photo ?

Connaissance du terrain, c’est la base. Les standards : Le sens du vent, l’attention au bruit, les déplacements, la météo, et les horaires. J’utilise énormément de pièges photo, cela permet de connaître un peu plus les habitudes, les déplacements, et de préparer au mieux sa sortie photo. 

 Peux-tu nous raconter ta plus belle rencontre animalière ?

C’est comme si c’était hier … Après pas mal de temps passé dehors, je décide de franchir le pas vers un trépied et une tête pendulaire. Comme la plupart des photographes, ils nous tardent d’aller tester cela sur le terrain. Mon trépied arrive le vendredi dans la journée … HaaaaaAAaaa, je suis de photographie de mariage l’après-midi. Allez je me couche un peu plus tôt et on verra bien. A 50 mètres de la maison à pied, me voilà dans un champ franchement fauché.

Le nez et les yeux me piquent un peu mais ca va allez. Connaissant le paysan je savais qu’il ne viendrait que plus tard pour ramasser. Ni une, Ni deux, me voilà ensevelie sous un énorme tas de foin. Le jour se lève, les belles lumières aussi, je regarde la montre car je travaille quand même l’après-midi.

Sorti de nulle part, un beau renard, le poil mouillé est dans le champ, petite vérif du vent c’est impeccable. 10 mins plus tard, il était devant moi.  10 mètres, puis 5, puis plus de mise au point minimal, à ce moment-là j’aurais pu le toucher. Ce jour là, j’ai eu la chance de passé plus de 30 mins avec ce renard à moins de 10 mètres de moi, qui faisait des tours. Un moment juste magique que je n’ai pas eu la chance de revivre. Il est reparti en forêt ce mettre au frais, et moi à mon mariage jusqu’à 2h du matin. 


Je me souviens l’impatience toute la journée afin de voir les images de ce jour-là.  

Quelles sont les espèces que tu rêverais de photographier et pourquoi ? / Quel est ton plus grand rêve en tant que photographe ?

Le renard polaire reste un rêve depuis longtemps, mais cela devrait se réaliser, je l’espère cette année avec un voyage en Islande. C’est un superbe animal qui évolue dans un biotope bien défini. Je suis plus attiré par le froid que le chaud, sûrement lié à mon régime alimentaire ^^ Mon rêve serait de pouvoir vivre vraiment au milieu d’une forêt et de revenir à l’essence même de notre existence, juste vivre … sans pression moral, ni matériel.

Quels sont les photographes qui t’inspirent et pourquoi ?

Alors ils sont un petit paquet, un des premiers dont j’ai aimé le travail c’est Fabien Greban, qui à l’époque je ne comprenais vraiment pas comment cela était possible de faire des photos nature. Le deuxième restera Cyrille Donier, a qui je dois beaucoup concernant cette belle passion, et pour terminer sur de jolis coups de coeur Insta comme Nicolas Petit, Alexandre Velluet et tous les copines, copains photographes … Le niveau est vraiment très haut ces dernières années dans la photographie.

Que penses-tu des retouches en photo ?

Oula, je ne retouche absolument aucune de mes images 🙂 … Pour moi, c’est la petite touche de personnalité des images. C’est une grande passion pour moi. Je suis retoucheur avant d’être photographe ; ce qui a beaucoup changé ces 5 dernières années. Je ne modifie jamais la compo, et supprime très peu d’éléments mais on peu quand même le dire, j’en mets quand même de bonnes tartines parfois, c’est souvent à l’humeur … Mon côté Chouquinet qui ressort peut-être 🙂

Quelle est la photo dont tu es le plus fière? 

Ce cerf 17 cors de 2020 – Un moment magique que j’ai rêvé un bon moment pour avoir une telle proximité avec un si bel animal.

As-tu d’autres domaines qui t’intéressent en photos et/ou d’autres passions ?

Ma vie c’est un peu 50/50 -> 50 d’êtres humains, 50 de sauvage, j’adore toujours autant photographier les mariages, les familles … C’est dans cet équilibre que je me suis trouvé. Après j’aimerais un peu plus faire de sauvage.

Quels conseils donnerais-tu aux photographes animaliers ?

Je n’ai pas vraiment de conseils à proprement parler, mais l’essentiel c’est de toujours réussir à trouver du bonheur dans tout ce que l’on fait. Rester soi-même, trouver le temps des plaisirs simples. L’échange reste pour moi le meilleur des alliés dans cette belle passion. 

Quels sont tes projets, ton actualité, tes prochains challenges photo ?

Un livre bientôt, qui avance gentiment dès qu’il peut, au rythme où j’arrive à répondre à ton interview. Cela te donne un peu la tendance de mon rythme de vie ^^ J’en rigole … mais c’est toujours bien d’avoir du travail quand tu es indépendant que le contraire. 
Mon actu : simple, efficace. Beaucoup de chamboulement ces derniers temps liés à la météo, une expo bientôt à Besançon  avec les copains (Severin Rochet et Adrien Favre). Notre festival Nature à Labergement-Sainte-Marie (25) qui je l’espère aura lieu cette année.

Et sinon pas de Renard ces derniers temps, avec les beaux jours qui reviennent plus que doucement. 
Je suis toujours en quête d’une belle photo de Lynx depuis maintenant 1 an au plus près de chez moi, cela demande énormément de temps mais, c’est un de mes souhaits de réussir une belle image au plus près de la maison. 

Un petit mot pour la fin de l’interview ?

Minuscule – Ça te va comme mot ? Je l’aime bien moi ^^

Stay Nature les petits Renards, le meilleur est dehors. 

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(3 commentaires)

  1. Chouette interview, c’est toujours sympa d’en apprendre un peu plus sur les photographes que l’on aime suivre !
    Merci pour ce moment de partage, à Léa et à toi 🙂
    Un plaisir de voir tes photos régulièrement ! Et j’ai toujours ton renard en fond d’écran 🥰

  2. Merci Marc pour ce partage. Toujours un grand plaisir de découvrir tes photos sur Insta. Et ta photo de « la Denise » est sur un des murs de ma chambre.
    Merci Léa pour cette nouvelle interview. Je trouve cela extra.

  3. Top interview Marc et Léa. Marc est un des meilleurs photographe animalier et un être être humain extraordinaire. Bonne continuation à vous deux.

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